L'héraldique demeure une science
méconnue, passe à tort pour ésotérique et a été parfois mal reçue du
grand public (notamment en France et aux Etats-Unis). A cela,
différentes raisons dont la principale est l'assimilation qui a souvent
été faite entre appartenance à la noblesse et port de l'armoirie.
Or, nulle part en Europe occidentale, à aucun moment entre le XIIe siècle
(date de leur apparition) et le XXe siècle, l'usage des armoiries n'a
été réservé à une classe sociale. Chaque individu, groupe, famille est
libre d'adopter les armoiries de son choix et d'en faire un usage privé, à la seule condition
de ne pas usurper celle d'autrui. Certaines restrictions s'appliquent
pour le cas d'un usage commercial, mais là n'est pas notre propos ( des
organismes britanniques entre autres peuvent"enregistrer" des armoiries
à des fins commerciales ou officielles).
De fait, les armoiries d'hier ne sont que les "cartes
d'affaires" , les "logos" ou même les"tags" (que les grafitistes
utilisent pour marquer leur passage) d'aujourd'hui...
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| ORIGINE
L'héraldique apporte des signes d'identité nouveaux à une
société en train de se réorganiser. Elle aide à placer les individus
dans des groupes et ces groupes dans l'ensemble du système social.
Les spécialistes s'accordent aujourd'hui pour reconnaîotre que
l'apparition des armoiries est liée d'une part aux transformations de
la société féodale après l'an mille, d'autre part à l'évolution de
l'équipement militaire entre la fin du XIe siècle et les premières
décennies du XIIe.
On observe qu'à cette époque, les combattants occidentaux rendus
méconnaissables par le capuchon de leur haubert (qui monte vers le
menton) et par le nasal (qui descend sur le visage), prennent peu à peu
l'habitude de représenter sur leur bouclier des figures leur servant de signes de reconnaissance au coeur de la mêlée des batailles, ou lors des tournois. Plus tard c'est tout le vêtement et même le carapaçon de la monture qui reprendra les mêmes couleurs et figures.
Ces figures sont géométriques,animales ou florales. Elles sont en couleur et deviennent de véritables armoiries à partir du moment où leur emploi est constant chez un même personnage et où leur représentation obéit à quelques conventions simples, fixes et récurrantes (couleur, forme, symbole).
D'abord utilisées par les combattants, les princes, les barons
et les grands seigneurs, les armoiries sont progressivement adoptées
par l'ensemble de l'aristocratie occidentale. Au début du XIIIe siècle
toute la petite et la moyenne noblesse
en est pourvue. Mais, en même temps, leur emploi s'étend au
non-combattants , aux non-nobles et à différentes personnes morales :
tour à tour, les femmes (vers 1180), les Ordres et les les ecclésiastiques (vers1200), les patriciens et les bourgeois (vers1220) , les artisans (vers1230), les villes (dès la fin du XIIe siècle), les corps de métier (vers1240) et les familles issues du peuple (vers1250) prennent des armoiries.
Peu à peu, l'héraldique évolue et s'organise. Dès le début du XIIIe siècle, les "armoriaux"
font leur apparition. Il s'agit d'un recueil contenant les armoiries
recopiées associées à leur possesseur, non seulement comme
aide-mémoire, mais aussi pour éviter quelles soient usurpées. Lentement
des règles et des principes sont utilisés et le code de l'héraldique
s'instaure.
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| CODE
L'héraldique est à la fois un code social et un système de signes.
Ce dernier se construit à partir de figures et de couleurs qui, à
l'intérieur des écus (bouclier) s'assemblent selon un certain nombre
d'habitudes, de principes et de règles. L'ensemble de ces règles et du
répertoire des figures et des couleurs forme une sorte de "grammaire" que l'on appelle le BLASON.
Les armoiries se composent de deux éléments : des figures et des couleurs,
qui prennent place dans un écu délimité par un périmètre dont la forme
est indifférente. La forme triangulaire, héritée des boucliers
médiévaux n'est nullement une obligation, bien que très fréquente.
Dans les pages qui suivent nous examineront ces divers éléments.
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